"Ses pensées se cognaient, s'entassaient ou bien s'écartaient les unes des autres. Comme les plaques de l'écorce terrestre qui s'ingénient à déraper su le machin glissant et chaud qu'il y a en dessous. [...] La tectonique de plaques, voilà comment ça s'appelle. Eh bien lui, c'était la tectonique des pensées. Les glissades perpétuelles et parfois, inévitablement, la bousculade. Avec les emmerdements qu'on sait. Quand les plaques s'écartent, éruption volcanique. Quand les plaques se heurtent, éruption volcanique."Je veux pas mal de choses, ces temps-ci. Oui, je sais, je devrais utiliser le conditionnel, l'indicatif n'est pas poli dans ce cas-ci. Mais ranafoutre. Je veux avant tout découvrir. Découvrir d'autres cultures, d'autres personnes, d'autres lieux, d'autres bruits, d'autres groupes de musique,... J'en ai marre de ce que je connais. C'est pour ça que je veux changer d'école, Chênée me pèse, je connais les gens qui y sont, je ne pense pas qu'ils aient quelque chose à m'apporter, & réciproquement. Avec Isa, ça va pas trop. On ne rigole plus comme avant. Bien sûr, on s'amuse bien, parfois, mais c'est pas pareil, c'est plus tendu. Chaque matin, j'ai peur qu'elle soit de mauvaise humeur, & c'est pas agréable d'appréhender de voir sa meilleure amie.... St Bar serait sûrement la solution, j'espère bien que ça se réalisera, parce qu'une année de plus à l'ARC, ça serait du suicide. & si on est faite pour être amie, Isa et moi, on ne perdra pas contact. Si on ne se voit plus, ça voudra dire que les années que j'ai passées avec elle auront été merveilleuses, mais que ça n'aura été qu'une passe. Quoi que François en dise, non, je ne les délaisse pas. Ca m'a fait mal d'entendre ça, de m'dire qu'il pense que j'les délaisse, qu'il a plus confiance... Mais je veux pas changer d'avis pour ça, je veux voir du Neuf. & je veux être fin août. Parce que fin août, je pars. Non, pas très loin, juste en Flandre pour un trimestre, mais j'en suis très contente. Déjà pour la langue, mais aussi pour les rencontres, la nouveauté. J'en ai marre d'ici, et de la routine. Je veux partir, après mes secondaires, dans un pays qui n'a rien a voir avec la Belgique, la France et autres. J'ai envie d'anventures, de découvrir,... Oui, je sais, je me répète, et pas qu'un peu, mais c'est tellement... fort. La société d'aujourd'hui est individualiste, & j'ai envie de solidarité, de soutient les uns envers les autres, d'ouverture d'esprit,... Je veux pouvoir aider des gens dans le besoin. Je veux faire le tour du monde. Je veux découvrir des lieux, en prenant un bus, par exemple, en changeant, puis en rechangeant & me retrouver dans un nouvel endroit qui détient son passé et son histoire, ou en marchant, longtemps, dans une direction, sans avoir peur de me perdre, regarder ce qui m'entoure, écouter le silence, & oublier tout le reste, pouvoir réfléchir calmement. Réfléchir à l'avenir. J'ai peur de l'avenir. Pas peur, vraiment, mais une sorte d'appréhention... Comment vais-je évoluer ? Que ferais-je ? Ou vivrais-je ? & avec qui ? Toute ces questions, c'est ma tectonique des plaques à moi... Outre le point que je viens de développer, je veux voir David, parce qu'il me manque, il me manque, il me manque, il me manque. Je veux visiter les catacombes de Paris. Je veux que ça continue comme ça avec mon père. Je veux faire du parachute. Je veux faire de l'accordéon, de la contrebasse & du violoncelle. Je veux que ma cheville dégonfle. Je veux pouvoir dormir 6h par nuit sans être fatiguée. Je veux savoir prendre de belles photos. Trêve de rêveries, je veux réussir mes examens. Mais là, surtout, je veux que le temps passe moins vite quand je suis avec Lui, & plus vite quand je ne le suis pas. Point.